Défiscalisation : prix des locations en baisse à Montauban

Encouragée par les lois de défiscalisation Robien et Scellier, la construction de logements neufs au cours des six dernières années s’est montré particulièrement dynamique à Montauban. Beaucoup d’investisseurs, sans même connaître la région, entendaient profiter de la loi Robien qui consiste en un crédit d’impôt de 50 % du montant de l’investissement réparti sur neuf ans, à condition que le bien soit mis en location. La loi Scellier est le nouveau dispositif de défiscalisation en vigueur depuis le 1er janvier 2010.

Résultat inespéré sur le marché de la location, l’offre de logement est devenue plus forte que la demande. Chose rare par ces temps mais qui ne fait pas l’affaire de tous. A commencer par les investisseurs, dindons de la farce. En conséquence d’une recrudescence des logements à louer, le prix des locations chute au point que le cabinet Immogroup qualifie Montauban de zone à risque. Si les dispositifs de défiscalisation se voulaient promoteurs du bâtiment, c’est réussi. Si ces dispositifs se voulaient en même temps une source d’investissement profitable, c’était un mirage car les deux objectifs se contredisent dès l’origine.

Conséquence logique de la frénésie des constructions liées aux dispositifs de défiscalisation, ce sont les quartiers éloignés du centre, tels que Falguières et Leclerc Aussonne qui se sont prêtés à l’apparition d’un parc immobilier neuf. Le directeur de l’agence Ingres immobilier, Pierre Brunel, constate : « Le stock locatif à Montauban est très important en périphérie, mais sur le centre historique il y a un manque ».

Or Montauban est une ville moyenne qui n’attire pas tant de locataires. La disproportion du marché locatif aboutit à des loyers trop chers. Pourtant Pierre Boillot, président de l’UFC-Que choisir 82, précise que «Dans les résidences construites avec les lois de défiscalisation les charges sont exorbitantes, pour un appartement loué à 650 euros il faut compter 200 euros de charges ».

Mais le piège se referme et Laurence Sennavoine de l’agence Laforêt relève que « Les propriétaires ont baissé les prix des loyers pour maintenir leurs biens en location et profiter d’avantages fiscaux. Tous les biens se sont donc alignés ». Les biens défiscalisés ne sont toujours pas rentabilisés. Reventes à perte et dossiers de surendettement se sont multipliés.

Cet article a été publié le jeudi 24 mars 2011 à 12 h 21 min et est classé dans Non classé. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Les commentaires et pings sont fermés.



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